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  • Daniela Patrícia

Le langage éco-positif et le boycott de la fête du travail

Mis à jour : 4 mai 2019

Nous sommes le 1er mai 2019, un jour férié. C'est fête Internationale du Travail. J’ai décidé de finir de travailler sur mon site Web et de rédiger enfin le premier article pour mon blog. Alors que je m'allongais sur mon lit avec mon ordinateur portable, je me demandais si j'étais sur le point de «travailler» alors que c'est la fête du travail.


Cela me semble bizarre de travailler d’aujourd’hui, et je suis presque gênée d’avouer à des amis qui m’ont invité à prendre un verre que je TRAVAILLE aujourd’hui. Pour me sentir mieux, j’ai commencé à réfléchir à toutes les raisons pour lesquelles ce que je fais cen'est pas du «travail». Cinq minutes après, je me suis senti comme la petite fille de dix ans qui essayait de convaincre ma mère que je n'avais pas coupé mes propres cheveux (je ne l'avais pas fait !), et je me suis rendu compte que ce que je voulais vraiment faire, c'était de comprendre pourquoi je me sentais gênée d'avouer que je voulais travailler aujourd'hui.

J'ai donc commencé par me 'CNVer' (communication non violente) et j'ai clarifié les points suivants: A. Quand je dis à des amis que je veux travailler le jour de la fête du travail B. J'ai honte C. Parce que j'ai besoin d'acceptation sociale

Intéressant. Alors, quelle partie du fait que je dise à mes amis que je veux travailler aujourd'hui me met mal à l'aise et sollicite en moi la crainte de ne pas être socialement acceptée?

J’ai décidé de vérifier les définitions et l’étymologie des mots, «travail» et «labeur», car je me souviens d’une amie qui m'a dit qu'il y avait un rapport avec la torture et en effet, après quelques recherches, les résultats étaient un peu morbides.


Certaines des définitions que j'ai trouvées:

LABOUR (en anglais) "Activité productive, notamment pour gagner de l'argent." "Le corps des personnes engagées dans une telle activité, en particulier celles qui travaillent pour un salaire."

«Accomplir le travail; exercer ses pouvoirs physiques ou mentaux; travail; labeur." «S'efforcer d'atteindre un but; travailler dur”

(https://www.dictionary.com/browse/labour?s=t)

“Le travail, surtout le travail physique.” "Les travailleurs, en particulier les ouvriers, considérés collectivement." "Travailler dur; faire de grands efforts. "

(https://en.oxforddictionaries.com/definition/labour)

"Une tâche, un projet" (comme les travaux d'Hercule); plus tard, "effort du corps; trouble, difficulté, dureté" (fin du 14e s.), du vieux travail français "travail, travail, effort, tâche; tribulation, souffrance" (12c., Labeur français moderne) ” https://www.etymonline.com/word/labor

LABEUR “Travail pénible et prolongé: Une vie de labeur.”

TRAVAIL «Activité de l’homme appliqué à la production, à la création, à l’entretien de quelque chose Toute occupation considérée comme une charge » https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/travail/79284?q=travail#78326 “Douleurs de l'accouchement, tourment”

TRABALHO (portugais) «Grande dificuldade; trabalheira ” https://www.dicio.com.br/trabalho/

Si, après m'être offerte une séance de CNV dans ma tête, je me faisais une psychanalyse personnelle, pourrais-je conclure que la raison pour laquelle je me sentais gênée de travailler le jour de la fête du Travail est parce que le «travail» est généralement perçu comme ne pas étant une source de plaisir et de joie et qu'un jour férié est un jour où, libérés de l'obligation de «travailler» , nous pouvons nous livrer à des activités plus agréables? Mon Jung intérieur acquiesça. Je voulais aller plus loin dans le questionnement, mais comme je tiens actuellement mon Jung intérieur à bout de bras, j’ai décidé d'essayer de comprendre comment j'en suis venue à me sentir ainsi (plutôt que pourquoi).

Je suis très intéressée par l'impact que le langage a sur notre écosystème social, et j’ai récemment été très inspiré par les travaux du professeur Arran Stibbe sur l’écolinguistique (Ecolinguistics: language, ecology and the stories we live by. Routledge, 2015). Le professeur Stibbe présente des types d’histoire qui peuvent façonner notre vision du monde et nos comportements : les histoires avec lesquelles nous vivons. Parmi les différents types d’histoire suggérées, trois me semblent plus logiques dans ce contexte :

  • Les métaphores, «un type de cadrage qui utilise un domaine de la vie pour structurer un autre domaine de la vie très différent»

  • Les idéologies, «des histoires partagées par des groupes particuliers de la société»

  • Évaluations, «des façons de juger si un domaine de la vie est bon ou mauvais»

Et ainsi commence l'enquête:

  • Si, d’un point de vue étymologique, les mots «travail» et «labeur» sont liés à la notion de torture, de difficultés et de douleur, ce lien a-t-il façonné notre perception du travail? La notion de «torture» at-elle été utilisée pour structurer le concept de «travail» - le travail est-il une métaphore de la torture?

  • Cette métaphore est-elle devenue une idéologie partagée par une grande partie du monde occidental? Avons-nous construit des discours collectifs pour classer le travail dans la catégorie des activités indésirables mais nécessaires?

  • Si je devais analyser ce que nous disons à propos du travail, trouverais-je des schémas d'évaluation négatifs - des schémas de langage qui rendent le travail difficile et tortueux?

  • Cette histoire, que «travail est tune torture» est-elle si enracinée dans nos codes culturels qu’elle est transmise de génération en génération sans être remise en question?

  • Si nous devions remettre en question cette histoire, en brisant la métaphore, en analysant l'idéologie et en réévaluant la notion de travail, que signifierait réellement le travail pour nous? Comment pourrions-nous le redéfinir?

  • Le travail peut-il être quelque chose que nous aimons, chérissons et apprécions parce que c'est ce que nous avons choisi de faire, parce que nous sommes si passionnés par ce que nous faisons, parce qu'il donne un sens à notre existance, parce qu'il nourrit notre esprit, notre corps, notre cœur et nos âmes, plutôt que de nous affamer de notre joie intérieure?

Si tel était le cas, devrions-nous alors trouver un mot différent pour travail? Si, par exemple, j’appelais cela la «croissance», que penserais-je de dire à mes amis «Désolé les copains, je grandis aujourd’hui! Nous prendrons un verre un autre jour ». Mon amie Jennifer Vignaud (Réaliser son rêve professionnel grâce au life designing – Guide d’orientation positive. Editions Dunod -Interéditions, 2017) m'a appris au fil des dernières années à suivre mon cœur et à valoriser mon travail car il est un cadeau que j'offre au monde, et sa présence a profondément changé comment ma relations avec mon travail. J'ai trouvé le sens, le pourquoi derrière ce que je fesais.

Et si nous devions faire la même chose dans d’autres domaines de notre vie, quel en serait l’impact sur les relations que nous entretenons avec nous-mêmes, avec les autres et avec le monde - avec tout notre écosystème?

Je voulais que le premier article de mon blog parle du langage éco-positif. Je ne suis pas sûr à 100% de ce que signifie le langage éco-positif, mais j’ai l’impression que je vais dans la bonne direction.

Et je suis tellement reconnaissant d’avoir décidé de 'grandir' le jour de la fête du travail.

Avec amour, Daniela


P.S. Mon amie Hélène m'a fait remarquer que je n'avais pas communiqué mon résultat pour l'étymologie du mot 'travail' qui vient du latin 'tripalium', qui était qui était un instrument de contrainte, voire de torture. J'ajoute aussi l'étymologie de 'labeur', du latin 'labor' qui désigne ce qui fait glisser, ce qui fait trébucher, mais aussi la peine que l'on se donne, et le "travail" comme résultat de la peine.


Merci Hélène!

References :


Livres et sites

Ecolinguistics: language, ecology and the stories we live by. Routledge, 2015. Arran Stibbe.

(http://storiesweliveby.org.uk)

Réaliser son rêve professionnel grâce au life designing – Guide d’orientation positive. Editions Dunod -Interéditions, 2017. Jennifer Vignaud

(http://www.humean.org)

Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs). Marshall Rosenberg.

https://sites.google.com/site/etymologielatingrec/home/t/travails-travaux-travail


Vidéos

Simon Sinek: Find Your Why. https://www.youtube.com/watch?v=vHmayENj6Xg

Vivre : la psychologie du bonheur de M. Csikszentmihalyi. https://www.youtube.com/watch?v=E9Rb48dwYBw TED Talk – Mihaly Csikszentmihalyi – Flow. https://www.youtube.com/watch?v=I_u-Eh3h7Mo

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